C h a p i t r e  III

NOTICE HISTORIQUE

                NOM  ET  ORIGINE - Le nom de Sart, qui signifie terre essartée, c’est-à-dire défrichée, prouve l’origine relativement moderne de notre localité.  Elle ne peut être antérieure à la fin du XIe siècle.  La première mention qui en existe se rencontre en 1131, à propos de la chapelle Sartum (Sart).  (1)

                Il faut donc considérer comme une fable la tradition rapportée par l’historien Detroz, d’après laquelle Sart aurait été nommée anciennement Gayalans puis Surmont.  Il en est de même pour la fameuse histoire, citée par le même écrivain, qui nous montre Charles Martel, fils d’Alpaïde et de Pépin de Herstal, donnant, après la bataille d’Amblève, le comté de Sichard à Gui d’Amblève en 717 et fondant les seigneuries de Surister, de Jehanster et de Trois Fontaines.  Les habitants s’étant surtout servis de l’écobuage ou essartage pour le défrichement des terrains incultes, reçurent gratuitement des bois et des bruyères que, par un travail tenace et incessant, ils s’efforcèrent de mettre en culture.

                Le village de Sart relevait directement de la mense épiscopale de Liège et c’était le prince-évêque lui-même qui nommait les membres de la cour de justice.

                SEIGNEURIE  DE  TROIS-FONTAINES - Il existait anciennement au hameau de Trois Fontaines une seigneurie sous la juridiction de la Cour féodale de Liège.

                En 1382, Thierry de Fléron, qui avait le droit de collation de l’église de Sart, était seigneur de Trois Fontaines.

                Par suite d’alliances matrimoniales, la Seigneurie passa à diverses familles, savoir : à la famille Renaud-de Fléron - à la famille de Xhénemont-de Fléron - à la famille Renaud-de Roublanche  dit Blan Jean du Sart qui avait épousé une de Pouveroit - leur fils nommé aussi Raes Blanche, vendit la Seigneurie en 1622 à Renier de Macors - un siècle après, en 1760, Henri Benoit de Macors la céda à Lambert Benoit de Fooz, dont la descendance la conserva jusqu’à la révolution française.

(1) Ce nom sert à désigner plusieurs communes belges, savoir :

      Sart-lez-Spa                   Liège, arrondissement de Verviers

      Sart-la-Bruyère              Hainaut, arrondissement de Mons

       Sart-la-Buissière           Hainaut, arrondissement de Thuin

       Sart-Bernard                 Namur, arrondissement de Namur

       Sart-Custine                  Namur, arrondissement de Dinant

       Sart-Dames-Avelines   Brabant, arrondissement de Nivelles

       Sart-en-Fagne               Namur, arrondissement de Philippeville

       Sart-Eustache                Namur, arrondissement de Namur

       Sart-St.- Laurent           Namur, arrondissement de Namur

       Le nom Sart est fort répandu.  Elles sont rares les communes qui ne

       possèdent un lieu-dit connu sous ce nom ou sous une des appellations   

       suivantes : Sarpai, Sartage, Sartai, Sartay, Sarte, Sarthe, Sartiau, Sartiaux,

       Sartis, les Sarts, Sarty, les Saurts.

                Les noms Fabry et Macors, deux anciens seigneurs, sont encore conservés aujourd’hui, on dit : le bois Macors et le ru de Fabry, qui traverse les près Fabry, propriété actuelle de la famille Deblon.

                CASTEL  DU  PETIT  SART - Ce Raes Blanche, ci-devant nommé, était en même temps le Seigneur du château-fort du Petit-Sart et c’est pour cette raison que la ferme Detroz est actuellement encore désignée sous le nom de Cinse Blanche, du nom de l’ancien propriétaire.

                A la fin du 18e siècle, on voyait au Petit-Sart, dans la propriété en face de l’entrée de la ferme et nommée aujourd’hui li tchèstê, les restes d’un donjon dont les fondations ont été mises à jour en 1880, lors de la reconstruction de la ferme et de la tour actuelle.  La photographie de ce castel est conservée.

                SEIGNEURIE  DE  SART - Les archives communales mentionnent qu’en 1792, la communauté de Sart forma une seigneurie indépendante.

                Par les documents repris au registre 22 des Œuvres de Sart, au dépôt des archives de Liège, le chapitre de la cathédrale transforma, le 10 juillet 1792, la communauté de Sart en une seigneurie indépendante qui fut donnée, moyennant une redevance annuelle de 975 florins brabant, au tréfoncier le chanoine de Loets de Trixhe.

                Le 27 juin 1793, ce même tréfoncier repassa la seigneurie au baron de Stembier avec tous les droits et honneurs dont il avait joui.

                En août 1792, le tréfoncier de Loets de Trixhe avait nommé Gilles Lacasse, Pascal Godon et Jean Tomsens aux fonctions de garde-chasse et garde-pêche, avec mission de surveiller les biens et les bois du Seigneur et de lui faire rapport.

                Cette seigneurie eut une existence éphémère, à cause de l’invasion de la Belgique par les troupes étrangères.

                La guerre ayant éclaté entre la France et l’Autriche, les armées républicaines entrèrent dans nos provinces, pour se faire battre en 1793 à Neerwinden, près de Landen.

                Les armées françaises prirent leur revanche sur les Autrichiens à Fleurus en 1794.  Cette victoire livra nos provinces, ainsi que la principauté de Liège, pour vingt longues années, au joug oppresseur de la France (1794-1814).

                Ainsi, la seigneurie de Sart forma, pendant deux ans, un petit état indépendant, au milieu de la principauté de Liège, elle-même indépendante du reste de la Belgique.

                Il est à remarquer que les archives ne font pas connaître les raisons pour lesquelles la Seigneurie de Sart fut établie par le chapitre de la cathédrale de Liège.  Une organisation à peu près analogue, mais dans un autre ordre d’idées, fut créée en 1918 par l’établissement du

                CERCLE  SART-SPA-LA REID - Craignant la débâcle prochaine le grand état-major allemand avait fait aménager un asile assuré dans une dépendance solidement bétonnée et fortifiée du château du Neubois, appartenant à M. Peltzer de Clermont.

                Ce refuge devait mettre le Kaiser à l’abri de toute attaque subite des avions ou des tanks des Alliés.

                A partir du 7 mars 1918, les trois communes de Sart, Spa et la Reid formèrent un cercle particulier qui ne pouvait plus avoir aucun rapport avec le reste de la Belgique.

                Tous les ponts et toutes les routes donnant accès aux communes voisines étaient militairement gardés et surveillés par de vieux soldats de la Landsturm.

                Ceux qui voulaient entrer dans les trois communes ou qui voulaient en sortir, devaient être munis d’un passeport délivré, moyennant finances, par la Kommandantur de Spa.  Ceux qui n’étaient pas pourvus de ce laissez-passer étaient impitoyablement envoyés à la même Kommandantur, où il fallait cracher des marks pour recouvrer sa liberté.

                Nuit et jour, de nombreuses patrouilles circulaient dans les trois communes pour empêcher toute communication avec le dehors.  Cette surveillance continue était un bien lourd fardeau pour la population qui, privée de sa liberté, devait encore subir les caprices de l’occupant, pour assurer son ravitaillement.

                Cette triste situation prit fin le 10 novembre 1918, jour de la grande débâcle et de l’heureuse délivrance.

                LE  CONGRES  DE  POLLEUR  (1) - Le Congrès de Polleur a eu pour prologue la Révolution liégeoise de 1789 et les Jeux de Spa.

                Révolution liégeoise - Sous divers règnes, le Prince-Evêque de Liège ne cessa de se montrer hostile à toutes les libertés, à la justice, aux institutions démocratiques, aux décrets sur la milice, sur le prélèvement et l’emploi des impôts.  Il restreignit le droit d’élection, viola la neutralité du pays en s’alliant à des princes étrangers.

                La population de Liège était industrielle, sobre, active, instruite et rompue aux controverses politiques.

                Les princes enlevèrent aux bourgeois le libre choix de leurs bourgmestres, présentèrent des lois limitant les attributions des tribunaux et réclamèrent d’énormes subsides.  Ils appelèrent des troupes étrangères, qui furent hébergées et nourries par les bourgeois, auxquels on extorqua d’énormes contributions sur les grains, les rentes et les revenus de tous genres.

                Le prince-évêque Maximilien édicta le fameux décret connu sous le nom de Règlement de 1684.

                Par ce règlement, 30 mille bourgeois cessèrent d’être électeurs et furent remplacés par 560 notables nommés par le prince qui en fit ses créatures.  Il pouvait les révoquer ou les maintenir en fonctions, selon son bon plaisir.

(1) Auteurs consultés :

     1°) Code du droit public du pays réuni de Franchimont, Stavelot et Logne -

     Imprimé chez Oger à Verviers

     2°) Histoire du pays de Liège, par Thil Lorrain

     3°) Esquisse historique du peuple liégeois, par X

                Maximilien substitua une régence absolue et tyrannique au régime fédératif du pays et, sous l’accablement de la servitude, ce peuple, si fier, était devenu un cadavre.

                Après un siècle d’oppression, cette population commença à revendiquer de nouveau les anciens droits dont, au fond du cœur, personne n’avait oublié le souvenir, pendant que le prince affecta de témoigner en toutes circonstances un mépris outrageant pour les anciennes institutions du pays.  Il suffira désormais d’une étincelle pour mettre tout en combustion.  Cette étincelle jaillira peut-être du procès des Jeux de Spa.

                JEUX  DE  SPA - La coquette cité de Spa jouissait jadis d’une réputation qui surpassa celle de toutes les autres villes d’eau de l’Europe.

                Elle fut la maison de campagne du beau monde, de la noblesse, des têtes couronnées

                La salubrité de ses eaux, la beauté pittoresque des paysages environnants, le charme de la retraite, la pureté du climat, l’air vif des montagnes, la fraîcheur des vallées, les promenades nombreuses et variées, la grande liberté que l’évêque laissa aux étrangers, tout contribua à faire affluer en ces lieux des visiteurs venus des diverses contrées de l’Europe, pour y chercher le remède à leurs maux.

                Seulement, les Spadois s’ingéniaient à capter les étrangers, à leur rendre le séjour agréable et, dans la cité balnéaire, les tripots étaient nombreux.

                On y jouait ferme ; il y eut des abus ; des «pigeons» plumés tout court jetèrent des cris d’écorchés et, sous l’influence de l’opinion publique, le Conseil de Spa prit, après quelque hésitation, une décision importante.

                Il réclama et obtint du prince-évêque de Liège, Jean-Théodore de Bavière, le droit exclusif d’établir une salle de jeux de hasard.

                Par mandement du 1er  octobre 1762, Jean de Bavière défendit à «tous et à chacun de tenir ailleurs des jeux, des spectacles, sous peine d’une amende de 50 florins».  En vertu de cet octroi, une association construisit le local de la Redoute. (1)

                L’exploitation de cette entreprise ayant été fructueuse, des spéculateurs eurent l’idée de bâtir un autre local «le Waux-Hall». (2)

                Mais, dans le courant de l’année 1784, un nommé Levoz, un Liégeois, avait cherché à faire annuler le privilège accordé à cette grande compagnie.

                Malgré la décision défavorable du conseil privé et sans attendre une solution définitive, Levoz fit édifier un troisième local, désigné sous le nom de Salle Levoz (3) et il y ouvrit aux étrangers des salons de jeux.

(1)   Aujourd’hui, incorporée au Casino.

(2)   Actuellement, transformé en orphelinat, rue de Géronstère.

(3)   Démolie et remplacée par une splendide villa, route de la Sauvenière.

                Aussitôt intervention de la police, constatations irritantes, voies de faits, puis diverses sentences du Tribunal des XXII condamnant les privilégiés.

                A la requête de ces derniers, nouvelles procédures devant la Chambre de Wetzlaer (Allemagne) et publication au nom de Levoz de mémoires très violents contre l’autorité du prince-évêque.

                On ne peut le nier, l’opposition de Levoz au prince fut une des causes de la révolution liégeoises en 1789.

                En 1784, le prince-évêque de Liège était Constantin de Hoensbroeck. Il décréta que les 30 % prélevés sur les Jeux de Spa (soit 72 mille florins ou 85.333 francs) seraient affectés à des institutions de bienfaisance ; mais, cette mesure philanthropique lui attira le mécontentement de l’Etat-Noble, réduit alors à 12 gentilshommes ; ceux-ci, irrités d’être privés de leur part dans cette attribution, vinrent augmenter le nombre des partisans de Levoz et s’associer à son opposition.

                Le 27 juillet 1785, la Chambre Impériale rendit un arrêt qui enjoignit au sieur Levoz et consorts de prêter obéissance aux édits de police sur les maisons de jeu et, le 4 août, en exécution de cette décision, le prince renouvela les défenses portées précédemment.

                Levoz fit alors appel à l’opinion publique et se posa comme une victime de l’arbitraire ; il publia des écrits acerbes ; les journaux s’emparèrent de la question au point de vue du droit constitutionnel de conférer des privilèges dans un pays libre.

                Ils profitèrent de l’occasion pour combattre avec violence le Règlement de 1684, pour réclamer contre les exemptions des impôts dont jouissaient la noblesse, et le clergé contre le rétablissement de la taxe de 40 patars sur la bière et pour pousser énergiquement aux réformes.

                L’émotion causée par ces démêlés s’aggrava encore par le renchérissement du pain.  Le prince défendit l’exportation des grains.  On était trop en train de faire de l’opposition pour ne pas lui contester le droit de prendre seul cette mesure.

                Hoensbroeck, pour essayer de calmer les esprits, demanda au Chapitre Cathédrale de porter un édit sanctionnant la suppression des exemptions en matière d’impôts et proclamant le principe de l’égale répartition des charges publiques.

                Mais, cette concession ne suffisait plus.

                Dans cet intervalle, le peuple de Paris s’était emparé de la Bastille et avait, en trois jours, changé les destinées de la France, en faisant écrouler l’édifice de la monarchie absolue.

                Des idées nouvelles, défavorables aux gouvernements, trouvèrent un écho facile en Belgique, mais surtout dans le pays de Liège et dans le marquisat de Franchimont, où les principes de liberté avaient toujours prévalu. Des pamphlets furent répandus à profusion ; l’agitation devint générale ; des rassemblements tumultueux arborèrent la cocarde liégeoise (rouge et jaune) et c’est au milieu de la commotion générale que s’ouvrit

                LE CONGRES DE POLLEUR - Le coup d’état du 28 novembre 1684, en renversant les anciennes institutions et les anciens privilèges des Liégeois, n’avait pu éteindre complètement l’esprit de liberté dont le sol de la principauté était imprégné, et surtout le marquisat de Franchimont.

                Les trois corps de la Régence de la communauté de Theux, chef-lieu du Marquisat (1) tiennent une séance extraordinaire le 9 août 1789 pour convoquer les corps des autres communautés du marquisat, savoir : de celle du ban de Verviers, avec celles de Stembert, d’Andrimont et des Croisiers dépendant du ban de Verviers ; de celle du ban de Spa ; de celle du ban de Sart ; de celle du ban de Jalhay et de celles d’Ensival et de Drolenval, dépendant du ban de Theux.

                La convocation portait que la réunion aurait lieu à Polleur, comme l’endroit le plus à portée des autres communautés du marquisat et que l’assemblée aurait à délibérer sur les cinq points de l’ordre du jour suivant :

1°) sur la protestation des seigneurs de l’état de la noblesse touchant

      l’exportation du grain hors du pays ;

2°) touchant l’impôt des 40 patars sur la bière ;

3°) sur les violences et les attentats à main armée commis ou menaces contre les

      propriétés, les domiciles et les personnes des concitoyens ;

4°) sur les abus des agents du pouvoir exécutif du pays et

5°) sur la nécessité d’établir des lois de police constitutionnelles et de faire

      redresser les griefs.

                Le 26 du mois d’août  1789, cinquante et un délégués des différents bans et communautés du marquisat se réunirent à Polleur. 

                Un long cortège se forma.

                Chaque communauté avait son drapeau, dont les larges plis flottaient au vent.

                Précédés et suivis de nombreux pelotons de la garde nationale, les députés décorés de la cocarde franchimontoise (vert et blanc) s’avancèrent les premiers.

                La foule vint ensuite, remplissant les airs de ses acclamations retentissantes.

                On se rendit d’abord à l’église pour mettre sous la protection d’En-Haut les décrets de justice et de fraternité chrétienne qu’on allait promulguer.

                Le modeste temple était tout pavoisé de drapeaux verts et blancs, brodés par la main des jeunes filles.  Des cierges brûlaient sur l’autel, orné de bouquets de fleurs parfumées.  Le prêtre célébra une messe solennelle, avec quelques-uns de ses confrères des autres bans.

                On procéda à la bénédiction des drapeaux.  Ensuite, tous les députés se rendirent à la maison de Jean Gilles Cornesse, lieu indiqué pour ledit Congrès.  D’où ils passèrent dans la prairie en amphithéâtre située derrière l’habitation.  Là, en plein air, assis sur des bancs, rangés devant une grande table et entourés d’une foule de citoyens-spectateurs, les cinquante et un députés furent ainsi réunis et ceux de Theux ouvrirent le Congrès aux acclamations du peuple et au bruit de plusieurs décharges de mousqueterie.

(1)   Ces corps étaient le corps du Conseil, le corps des Députés du ban, et le 

corps des Députés de notables.

Après quoi, l’avocat Dethier, de Theux, prononça le discours d’inauguration.

                Les délégués de Sart, occupant le deuxième banc, étaient : Antoine Joseph Detroz, Nicolas Joseph Beaupain, Jean François Houyon, Nicolas Joseph Detroz, Nicolas Joseph Collard, Louis Petitjean et Louis Joseph Houyon.

                L’assemblée choisit unanimement et par acclamations De Fion, député de Theux, comme président ; J. Gilles Brixhe, bourgmestre de Spa, comme secrétaire perpétuel ; Mathieu Fion et Antoine Raymont, sous-secrétaires.  Ce choix fait, le président prêta solennellement, devant l’assemblée un serment dont la dernière phrase ainsi conçue «Ainsi je jure, m’aide Dieu, les saints Evangiles et tous les Saints» fut répétée et prêtée mains du président, par tous les membres présents et députés du Congrès, secrétaire et sous-secrétaires.

                Le Congrès de Polleur tint sept séances pour chacune desquelles l’assemblée désigne un nouveau président.  La quatrième séance fut présidée par l’avocat N.J. Detroz de Sart ; il y fut décidé la création d’un corps de mille huit cents hommes de troupes réglées, sous le nom de Volontaires Franchimontois, avec uniforme aux couleurs de la nation franchimontoise.

                A cette même réunion, le Congrès organisa la petite armée du pays, en nommant tous les officiers, commandants, capitaines, lieutenants, chirurgiens de chaque bataillon et des diverses compagnies, en prescrivant l’uniforme national et en déterminant le genre d’armement.

                Un dénombrement exact des citoyens en état de porter les armes devrait être effectué dans le plus bref délai.

                Dans l’intervalle, la défense serait organisée en élevant des redoutes munies de pièces d’artillerie aux points les plus favorables et en créant des corps volants destinés à relier tous ces forts entre eux.  Le mode de signaux d’alarme y était nettement spécifié.

               On adjoignit une compagnie d’éclaireurs aux deux bataillons de l’armée, composés chacun de neuf compagnies, huit de fusiliers et une de chasseurs.

                Une caisse centrale devait pourvoir à toutes les dépenses nécessitées par la défense militaire du Franchimont.  On peut sourire à l’ardeur belliqueuse des représentants de ce petit pays.  Si toute la principauté avait imité ce généreux coin de terre, jamais Liège n’eût été tenté de réclamer son annexion à la France ou à l’Autriche.  Il serait intéressant de pouvoir exposer les décisions prises à toutes les séances du Congrès ; mais ce travail, trop long, ne cadre pas avec le but proposé par la présente publication.  Néanmoins, qu’il nous soit permis de citer la décision acceptée à la réunion du 20 octobre 1789.

-         L’assemblée a unanimement arrêté, sur les plaintes réitérées par tous les

-         députés de Sart, de présenter au plus tôt une correction provisoire de la

-         matricule du marquisat, d’après les relevés aussi exacts que possible des

-         revenus et charges tant réels que personnels, de chaque communauté,

-         relevés qu’elle enjoint à ses membres de faire dresser dans les

-         communautés respectives, dont ils sont les délégués, pour être produits,

-         avisés et discutés en Congrès.  L’assemblée a la satisfaction d’apprendre

-         que les sentiments exprès des habitants du ban de Sart et si fidèlement

-         rapportés par leurs députés, sont conformes aux Vœux du "Congrès".

Annexe. Texte de l’adresse des patriotes réfugiés à Paris du pays réuni de Franchimont, Stavelot et Logne, présentée à la Convention nationale le 21 Thermidor, an 2 de la République une et individuelle.

Représentants

Les patriotes adressent une pétition, signée de tous les réfugiés de ce pays à Paris à la Convention nationale, pour demander la protection aux opprimés, la punition aux oppresseurs, la concorde avec tous les hommes libres et leur annexion à la France.

                Après la lecture de cette pétition, le président de la Convention – Merlin de Douai – leur dit entre autres ces paroles remarquables : ce que la France a été pour l’Europe, le pays de Liège l’a été pour la Belgique et le pays de Franchimont et Stavelot pour le pays de Liège.

                Les patriotes de Franchimont, réfugiés à Liège, signèrent, au nombre de soixante-neuf, une adresse d’adhésion aux revendications de leurs concitoyens retirés à Paris.

                Ces notes sont extraites du Code du Droit Public au pays réuni de Franchimont, Stavelot et Logne.

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